Dans son coin, en effet, le paralytique était sorti de sa somnolence. L’odeur du café lui avait fait lever la tête, et il fixait sur le couple le regard de ses yeux vitreux.
— Es-tu folle, Mariche ! Le vieux !
— Ah ! oui, le vieux ! Qu’est-ce que cela peut lui faire ? Qu’il regarde ! Il n’a pas déjà tant de distractions !
Mais Séverin s’était levé. Marichette, dépitée, haussa les épaules et se mit à desservir la table.
— Tu m’agaces ! va-t’en ! fit-elle.
Il sortit et s’en fut panser ses bêtes. Son travail terminé, il se coucha dans la grange sur une brassée de paille. Il y était depuis un petit moment et il allait s’endormir, quand il entendit la fille traverser la cour. Elle se dirigea vers la grange, entra et referma le portail.
— Es-tu par ici ? murmura-t-elle.
Il ne bougea point.
— Es-tu là, voyons ?
Il faisait très sombre, et la fille ne distinguait rien. Elle s’avança de quelques pas et finit par le découvrir.