Elle se glissa au lit ; Séverin se déshabilla vite aussi, puis, à tâtons, la chercha.

Elle se reculait, les mains tremblantes.

— Laisse ! laisse ! ils vont venir nous apporter la soupe ; ils sont tellement soûls… J’ai gardé ma camisole et mon jupon.

Il s’impatienta :

— Tu sais, ils m’embêtent, les autres ! qu’ils aillent se coucher ; je vais verrouiller la porte.

— Non ! il ne faut pas ! ils resteraient toute la nuit. Oh ! laisse-moi ! ils viennent… tiens ! écoute…

Des pas inégaux résonnaient en effet sur les pierres. Séverin et Delphine entendirent des chuchotements ; quelqu’un gratta à la porte ; brusquement les noceurs entrèrent avec du bruit et des chandelles.

La Pitaude apportait la soupe. Elle la fit manger aux mariés avec la même cuiller ; une grande fille, à demi couchée sur le lit, l’éclairait ; et toutes les amies et toutes les cousines étaient là, avec des yeux élargis de curiosité, des yeux tout en prunelles qui fouillaient Delphine et la faisaient rougir.

Autour du lit, les gars chantaient. Ils avaient changé le refrain de la noce ; ils disaient :

T’as le fricot, Pâtureau ! t’as le fricot !