Les deux autres apportèrent ; le foin monta vite dans la charrette ; Frédéric, enfoncé jusqu’aux aisselles, fut un moment débordé ; il s’impatienta encore :

— Bon Diou ! Quand saurez-vous charger ? Hein ! Vous devriez faire de plus grosses fourchées !

Puis, brusquement, comme Séverin, sans s’émouvoir, continuait à piquer dans une petite meule, il lâcha l’injure des rudes gars aux faillis mâles :

— Entends-tu pas ? C’est pour toi que je parle, femme de ville !

Le valet se retourna tout pâle.

— Fédéri Loriot, si tu n’es pas content de mon travail, faut le dire ! Je fais ce que je peux, si tu n’es pas content, dis-le tout de suite.

— Non, je ne suis pas content, crève-de-faim ! Non, je ne suis pas content, Pâtira !

— Tout de même, prends garde à tes paroles, Fédéri !

Mais l’autre, une mauvaise flamme dans les yeux :

— Prends garde, toi aussi, lentoux ! Je vais te sortir du pré !