Tous ces gens avaient des arrangements à prendre ; ils se turent quand Madeleine entra et quelques regards devinrent hostiles. Alors elle laissa sa cape de deuil et s’en alla par le jardin, le cœur un peu serré parce que, soudain, elle s’était sentie étrangère. Elle gagna la grange, puis passa dans le quéreux aux valets où elle se mit à préparer tout pour que Gédéon, le soir même, pût venir coucher dans la chambre de Michel.

Quand elle sortit du quéreux elle vit que Georgette était sur un banc devant la porte avec Jo sur ses genoux ; elle jouait avec l’enfant, lui faisait des agaceries, le faisait sauter, le berçait.

Madeleine s’approcha, mordue de jalousie. Le petit tendit les bras vers elle, criant : Nêne ! Nêne ! Mais Georgette méchamment :

— C’est moi ta « Nêne », mon petit… embrasse-la, ta « Nêne… » Il ne faut pas appeler celle-ci « Nêne », voyons !

En une seconde Madeleine fut sur elle, hérissée de colère ; sans rien dire, d’une pression de sa main forte, elle dénoua les mains de l’autre et, l’enfant suspendu à son cou, rentra dans la maison.


A Chantepie, pour la fête de Violette, Boiseriot se présenta avec un petit cadeau : une boîte renfermant un dé en argent et une paire de ciseaux. Violette marqua une joie polie et sa mère retint Boiseriot à déjeuner.

A l’heure des vêpres la mère alla à l’église, laissant les deux autres en tête en tête.

Violette faisait jouer ses ciseaux, disant :

— Ils sont jolis, j’en prendrai soin.