Lui, dans la cour, décachetait la lettre. Une fleur en tomba ; il la ramassa avec grande précaution et la considéra ; puis, ayant tiré un calepin de sa poche, il y plaça bien cette fleur, le benêt !
Alors, tout de même, le dépit pinça Madeleine et, bien qu’elle essayât de rire, deux grosses larmes vinrent tout au bord de ses paupières.
Elle se retourna, courut à sa marmite, fit sauter le couvercle à grand bruit et, plongeant sa main dans la boîte saunière, par deux fois elle jeta dans le bouillon une énorme poignée de sel.
Après quoi elle mit devant le feu un petit pot pour les enfants.
DEUXIÈME PARTIE
A l’ombre, sur l’herbe rase du pré, Lalie avait entrepris de mener une danse-ronde. De sa main droite elle tenait la main de Jo et, de sa main gauche, elle soutenait Zine, la poupée de bois. Elle avait mis à Jo une couronne de joncs ; sur le cœur de Zine elle avait attaché, avec un brin de laine, un gros bouquet de marguerites. Et c’était la noce.
« Derrièr’ chez nous dort un étang,
« C’est le vent, c’est le vent frivolant !
« Deux beaux canards vont s’y baignant,
« C’est le vent qui vole…