— Nêne ! j’y vais : papa l’a dit.

Michel, maintenant, rassemblait les feuilles mortes et les bourrées sèches dont il avait fait de petits tas dans le pré. Chaque fois qu’il en apportait une brassée, la flamme se réveillait, pépiait joliment et d’innombrables étincelles montaient.

Lalie tournait autour du brûlot en battant des mains. Michel qui avait ramassé des châtaignes précoces les lui installa dans un petit tas de cendre chaude qu’il tira à l’écart du brûlot. En attendant qu’elles fussent cuites, l’enfant prit à courir dans la fumée.

— N’approche pas trop, dit Michel ; la flamme pourrait t’atteindre.

La petite s’arrêta et, avec une branchette, remua les châtaignes.

Il restait encore vers le haut du pré un gros monceau de broussailles ; Michel alla le chercher ; mais dès qu’il eut piqué sa fourche, il la lâcha et remonta sur la route.

Violette arrivait.

Quand elle fut à sa hauteur elle s’arrêta, laissant les apprenties s’éloigner.

— Bonsoir ! dit-elle ; vous m’avez donc entendue venir ?

Il répondit et sa voix chantait :