— C’est bien simple et il n’est pas besoin de chercher : à la Toussaint, prenez la servante que je vous indique.
— Ce n’est pas possible ! il y a un marché…
— Peuh ! c’est ce qui vous arrête ?
— Oui… chez nous, les marchés ont toujours tenu… Mais peut-être s’en ira-t-elle d’elle-même : je le préférerais.
— Moi pas ! dit Violette. Si vous aviez réellement envie de la chasser, les raisons ne vous manqueraient pas ; d’abord, elle vous vole.
— Cela non ! dit Michel.
— Non !… Pauvre homme !
Elle le regarda avec une sorte de pitié et elle se mit à lui conter les mauvaises histoires de Boiseriot. Mais comme il hochait la tête, toujours incrédule, elle s’impatienta et jeta nettement :
— Et puis, moi, j’en ai assez ! Si vous voulez que j’écoute vos compliments, vous vous priverez d’une servante aussi jeune.
Michel lui avait pris les mains et de force il les retenait en les siennes.