— Et vous ? que vous a-t-elle donc fait cette grosse fille ?

Boiseriot acheva son café d’une gorgée et fit claquer sa langue.

— Il est joliment bon, dit-il ; tu sais le faire, toi ; tu es, ma foi, bonne à mettre en ménage.

Mais Violette le regardait toujours de ses yeux narquois. Alors il plaisanta, plaignit ce mari qu’elle souhaitait.

— Ce sera un brave !… Tu lui en feras voir ! Les cinq cents diables seront en sa maison. Je voudrais le connaître… Ce sera peut-être Clarandeau ?

— Peut-être ! dit Violette, le visage fermé.

— S’il avait une place du gouvernement… mais cela ne vient pas vite ! Et puis il boit… Ce sera peut-être Michel Corbier ?

— Peut-être ! Ce sera sans doute un de ces deux ; aucun autre ne serait assez brave… Savez-vous qu’il n’est pas déplaisant votre ancien patron !… Si c’est lui, la servante s’en ira bien, cette fois, et vous serez content, mon parrain.

Boiseriot se leva.

— Plaisantes-tu ? Parles-tu en raison et en vérité ?… Avec toi, on n’est jamais sûr. Celui qui devinerait ce que tu feras…