La Clarandelle avait été un peu malade pendant l’hiver et ses douleurs la tenaient encore de longues journées en inaction. Elle fit reproche à Madeleine de n’être pas souvent venue la voir ; elle dit aussi :
— C’est comme pour ma petite rente… Tu n’es pas en avance, ma fille ! Tes sœurs, cette fois, ont payé les premières. Dans l’état où je suis pourtant, j’ai besoin d’aide.
Madeleine rougit et s’accusa.
— C’est vrai, vous pouvez me gronder. Mais je vais vous payer aujourd’hui ; j’ai de quoi, maman.
Elle tira une pièce d’or, puis une pièce d’argent.
— Voici vos douze francs, dit-elle.
La mère la regarda, surprise. D’habitude elle arrondissait toujours la somme, disant qu’elle était l’aînée et qu’elle gagnait plus d’argent que ses sœurs.
— Alors, en ce moment tu n’es pas riche ? dit la mère. Tu dépenses donc bien !
Madeleine rougit de nouveau ; elle ouvrit sa bourse, prit une pièce de cinq francs, puis une de deux francs, se décida enfin pour une pièce de vingt sous…
— Je ne suis pas riche, en effet, dit-elle, mais je puis encore vous donner cela.