— C’est juré, disait Tiennette ; nous avons juré tous les deux… Mais maintenant, s’il allait croire que je suis une voleuse. Ah ! Madeleine, ma peine est grande !
Madeleine prit la petite par les épaules, tendrement.
— Voyons ! tu vas d’abord te taire… puis, essuyer tes yeux… Je sais d’où vient le mal : c’est une vieille rancune qui remonte… Il y a des choses que tu ignores, vois-tu… Je vais écrire à Gédéon, moi ; dès qu’il saura que Boiseriot était ton voisin, il comprendra. Je t’assure qu’il ne doutera pas de toi une seule minute.
— Bien vrai ?
— Je te le jure. Tu t’affoles pour peu de chose, ma pauvre petite. En voilà une fille sensible !
Elles furent un moment sans parler et les enfants prirent de la hardiesse.
Tiennette, dont le sourire renaissait à travers les larmes, caressa la tête frisée de Jo.
— Il m’avait vue avant toi, ce mignon, dit-elle à Madeleine.
Et puis, à propos de l’enfant, un souvenir surgit au milieu de son chagrin et elle continua :
— Ce Boiseriot est tout de même un mauvais gars ; il ne t’aime pas plus que moi, apparemment.