[1188] Matth., XXVII, 44; Marc, XV, 32. Luc, suivant son goût pour la conversion des pécheurs, a ici modifié la tradition.

[1189] Matth., XXVII, 43; Marc, XV, 33; Luc, XXIII, 44.

[1190] Pétrone, Sat., CXI et suiv.; Origène, In Matth. Comment. series, 140; texte arabe publié dans Kosegarten, op. cit., p. 63 et suiv.

[1191] Eusèbe, Hist. eccl., VIII, 8.

[1192] Matth., XXVII, 46; Marc, XV, 34.

[1193] Matth., XXVII, 50; Marc, XV, 37; Luc, XXIII, 46; Jean, XIX, 30.


[CHAPITRE XXVI.]

JÉSUS AU TOMBEAU.

Il était environ trois heures de l'après-midi, selon notre manière de compter[1194], quand Jésus expira. Une loi juive[1195] défendait de laisser un cadavre suspendu au gibet au delà de la soirée du jour de l'exécution. Il n'est pas probable que, dans les exécutions faites par les Romains, cette prescription fût observée. Mais comme le lendemain était le sabbat, et un sabbat d'une solennité particulière, les Juifs exprimèrent à l'autorité romaine[1196] le désir que ce saint jour ne fût pas souillé par un tel spectacle[1197]. On acquiesça à leur demande; des ordres furent donnés pour qu'on hâtât la mort des trois condamnés, et qu'on les détachât de la croix. Les soldats exécutèrent cette consigne en appliquant aux deux voleurs un second supplice, bien plus prompt que celui de la croix, le crurifragium, brisement des jambes[1198], supplice ordinaire des esclaves et des prisonniers de guerre. Quant à Jésus, ils le trouvèrent mort, et ne jugèrent pas à propos de lui casser les jambes. Un d'entre eux, seulement, pour enlever toute incertitude sur le décès réel de ce troisième crucifié, et l'achever s'il lui restait quelque souffle, lui perça le côté d'un coup de lance. On crut voir couler du sang et de l'eau, ce qu'on regarda comme un signe de la cessation de vie.