Pour nous, éternels enfants, condamnés à l'impuissance, nous qui travaillons sans moissonner, et ne verrons jamais le fruit de ce que nous avons semé, inclinons-nous devant ces demi-dieux. Ils surent ce que nous ignorons: créer, affirmer, agir. La grande originalité renaîtra-t-elle, ou le monde se contentera-t-il désormais de suivre les voies ouvertes par les hardis créateurs des vieux âges? Nous l'ignorons. Mais quels que puissent être les phénomènes inattendus de l'avenir, Jésus ne sera pas surpassé. Son culte se rajeunira sans cesse; sa légende provoquera des larmes sans fin; ses souffrances attendriront les meilleurs cœurs; tous les siècles proclameront qu'entre les fils des hommes, il n'en est pas né de plus grand que Jésus.
NOTES:
[1234] Matth., VIII, 5 et suiv.; Luc, VII, 1 et suiv.; Jean, XII, 20 et suiv. Comp. Jos., Ant., XVIII, iii, 3.
[1235] Tacite, Ann., XV, 45; Suétone, Claude, 25.
[1236] Ant., XVIII, iii, 3. Ce passage a été altéré par une main chrétienne.
[1237] Ant., XVIII, i; B.J., II, viii; Vita, 2.
[1238] Talm. de Jérusalem, Sanhédrin, XIV, 16; Aboda zara, II, 2; Schabbath, XIV, 4; Talm. de Babylone, Sanhédrin, 43 a, 67 a; Schabbath, 104 b, 116 b. Comp. Chagiga, 4 b; Gittin, 57 a, 90 a. Les deux Gémares empruntent la plupart de leurs données sur Jésus à une légende burlesque et obscène, inventée par les adversaires du christianisme et sans valeur historique.
[1239] Jos., Ant., XVIII, iii, 3.
[1240] Philostrate, Vie d'Apollonius, IV, 2; VII, 11; VIII, 7; Eunape, Vies des sophistes, p. 454, 500 (édit. Didot).
FIN DE LA VIE DE JÉSUS.