Cueillir. Ne dites pas je cueillis, au présent, ni je cueillissois, à l'imparfait; mais je cueille, je cueillois. On dit plutôt je cueillerai, que je cueillirai.
Cuison ou cuisage. Action de cuire ou de faire cuire: je lui dois tant pour la cuison ou le cuisage de mon pain. Ces deux mots sont également réprouvés par le bon usage; il faut dire cuisson, s. f.: la cuisson des viandes. Cuisson signifie encore la douleur que fait sentir un mal qui cuit; c'est-à-dire, qui cause une douleur aigue: ma plaie me fait éprouver une cuisson horrible.
Curaille. Le milieu d'un fruit dont on a ôté ce qui est bon; dites, trognon, s. m.
[D.]
Dada. Homme niais, un nigaud, un homme décontenancé; dites, dadais: c'est un dadais.
Darte, sur la peau. Dites, dartre, s. f.
Davantage. J'ai davantage d'années que lui. Cette façon de parler est vicieuse. L'adverbe[10] davantage ne prend jamais après lui la préposition de, ni la conjonction que. Vous ne direz pas, il a davantage de plaisir; il est davantage aimé que vous; cet adverbe se place toujours immédiatement après le mot qu'il modifie. En conséquence, vous direz, il en sera aimé davantage, et non pas, il en sera davantage aimé. Ne vous servez point du mot davantage dans le sens de le plus; ainsi, ne dites pas: voilà la femme qui me plaît davantage; dites, voilà la femme qui me plaît le plus.
Débâcle. La rupture des glaces. On fait souvent ce substantif masculin, et il est toujours féminin: la débâcle. Ce sont les mots miracle, réceptacle, tabernacle, qui ont donné lieu à cette erreur.
Débarras. Lieu où l'on serre beaucoup de choses; dites, décharge, s. f.
Décesser. Il ne décesse pas de parler; dites, il ne cesse pas de parler. La premiere expression, si elle étoit permise, signifieroit le contraire de ce qu'on veut dire.