Il faudroit est demeurée.

Demi, demie. Demie-heure, et d'autre fois, une heure et demie; voici la regle à suivre à l'égard de ce nom partitif[11]. Quand demi précede le substantif, il est indéclinable, c'est-à-dire qu'il ne change jamais de terminaison: une demi-heure plutôt; une demi-journée; mais s'il vient après le substantif, il en prend le genre: une heure et demie, une journée et demie.

Demoiselle. J'ai vu une mere de famille, qui se promenoit avec ses demoiselles; dites, avec ses filles. Le mot demoiselle est un terme de qualité, qui distingue ordinairement les filles d'avec les femmes mariées. Il signifie aussi une fille née de parens nobles; et en ce sens, il se dit des femmes mariées et des filles: elle est véritablement demoiselle, c'est-à-dire, véritablement née fille de gentilhomme. Mais ce terme ne remplace jamais celui de fille; pas plus que celui de monsieur, ne remplace celui de fils. On dira bien: c'est la demoiselle de compagnie de madame, mais non la demoiselle de madame, pour dire, c'est sa fille.

Dépêchez vîte. Il y a un pléonasme vicieux dans cette expression; dites seulement, dépêchez. Ce dernier exprime l'idée de vîtesse.

Dépersuader. Dites, dissuader, v.

Dépuis. Ne mettez et ne prononcez point d'accent aigu sur l'e de ce mot. Du depuis n'est pas françois; ainsi, c'est une faute grossiere de dire: je ne l'ai pas vu du depuis; dites, depuis.

Des. On dit souvent, des célebres auteurs, au lieu de dire, de célebres auteurs, la regle générale veut qu'on retranche l'article, quand l'adjectif précede le nom; car le nom se trouvant déjà modifié par le qualificatif, l'esprit rejette l'article, qui modifie aussi, en limitant la signification du substantif. L'adjectif mis avant le nom, devient idée principale, et les deux mots semblent n'en former qu'un; l'adjectif placé après, devient idée accessoire: ce savant homme; cet homme savant.

Désarroir. Désordre dans les affaires; dites, désarroi.

Desir; desirer. Mettez l'accent, à cause de l'étymologie: de sidere. L'Académie l'écrit ainsi.

Désondrer. Enlaidir: ce chapeau vous désondre. Cette expression qui appartient particulierement aux jeunes demoiselles, n'a reçu la sanction que d'elles. Si on pouvoit leur accorder le titre de législatrices en matiere grammaticale, ce seroit en faveur des mots qui peindroient la beauté et les graces, et non en faveur de ceux qui expriment la laideur. Il faut dire: ce chapeau vous sied mal, ne vous va pas bien, vous dépare ou vous enlaidit; elles ont donné la préférence au mot désondrer, par une sorte de délicatesse, parce qu'il n'exprime rien de déterminé, qu'il n'emporte pas tout-à-fait l'idée d'enlaidissement, quoiqu'il en approche.