Age; agé. Dans ces deux mots l'a est fort ouvert, et prend l'accent circonflexe, âge, âgé. Il est long sans accent dans sable, table, fable, rable, diable, délabrement, etc.
Agi. Il en a mal agi avec moi; dites, il en a mal usé avec moi. On use de quelque chose; on en use; mais on n'agit pas de quelque chose; on n'en agit pas.
Agotiau, s. m. Espece de pelle creuse, à rebords, dont on se sert pour vider les bateaux; dites, écope, s. f.: ce batelet fait eau; il faut le vider avec une écope.
Aiguiser, v. Rendre pointu, rendre tranchant; prononcez l'u et l'i, qui forment une diphtongue, comme dans aiguille: aiguiser un couteau.
L'un sait d'un trait piquant aiguiser l'épigramme.
Boileau.
Ails, s. m. pl. Espece d'oignons d'une odeur très-forte. On dit souvent: craignez-vous les ails? Ce substantif et presque tous ceux qui finissent en ail et en al, changent au pluriel cette terminaison en aux, et le mot dont il s'agit fait aulx: on a mis des aulx dans cette salade; on peut dire aussi, des ails; cependant je conseille d'employer de préférence le singulier. Camail, détail, sérail, éventail, mail, etc. ne sont point soumis aux principes que nous venons de poser; ils ne changent point leur terminaison au pluriel; ils ne prennent que l's.
Ainsi, par conséquent. Ces deux mots réunis forment un pléonasme vicieux; c'est-à-dire, que ces deux termes disent la même chose; l'un des deux suffit.
Air. Aller grand air et belle manière; dites, grand'erre; ce mot est féminin. On doit dire, aller grand'erre, pour dire, faire trop grande dépense.
Air. Cette femme à l'air bonne. Il y a un solécisme dans cette proposition; car le mot bonne se rapportant, ou devant se rapporter au substantif air, qui est du genre masculin, il faut dire l'air bon: elle a l'air bon, et cependant elle n'est pas bonne. Dans la derniere proposition, l'adjectif[4] bonne est en rapport avec la personne ou le sujet qui est du genre féminin; au lieu que dans la premiere, bon se rapporte au mot air.