Horace ne cherche pas à se défendre. Il accepte la peine qu'il a méritée. Que le roi prononce!

Le vieil Horace prend alors la parole pour défendre son fils. Il prie le roi de tenir compte des circonstances:]

Un premier mouvement ne fut jamais un crime,
Et la louange est due au lieu du châtiment
Quand la vertu produit ce premier mouvement.
Le seul amour de Rome a sa main animée;
Il serait innocent s'il l'avait moins aimée.
Qu'ai-je dit, Sire? il l'est, et ce bras paternel
L'aurait déjà puni s'il était criminel.
(S'adressant à Valère.)
Dis, Valère, dis nous, si tu veux qu'il périsse,
Où tu penses choisir un lieu pour son supplice?
Sera-ce entre ces murs que mille et mille voix
Font résonner encor du bruit de ses exploits?
Sera-ce hors des murs, au milieu de ces places
Qu'on voit fumer encor du sang des Curiaces;br> Entre leurs trois tombeaux et dans ce champ d'honneur,
Témoin de sa vaillance et de notre bonheur?

[Non, Rome ne peut pas consentir à la mort du vainqueur d'Albe. Le roi lui pardonne; un sacrifice sera offert aux dieux, et quant à Camille, dit le roi:]

Je la plains; et pour rendre à son sort rigoureux
Ce que peut souhaiter son esprit amoureux,
Puisqu'en un même jour l'ardeur d'un même zèle
Achève le destin de son amant et d'elle,
Je veux qu'un même jour, témoin de leurs deux morts,
Dans un même tombeau voie enfermer leurs corps.

Vers Détachés,
Sentencieux et populaires de Pierre Corneille.

Dans un si grand revers que vous reste-t-il?
Moi.
Moi, dis-je, et c'est assez.
(Médée.)

Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée.
(Épître à Ariste.)

Et les rides du front passent jusqu'à l'esprit.
(Épître à Louis XIV.)

L'amour est un tyran qui n'épargne personne.