Dans son acception ordinaire le mot littérature désigne ce qui a été écrit d'après certaines règles d'art et de bon goût, ce qui se recommande par des qualités sérieuses de pensée et de style, et vaut la peine d'être lu. Ce sont les œuvres bien écrites et marquées du sceau de l'esprit français qui constituent, en ce sens, la littérature française. Le XVIIe siècle en a fourni un contingent remarquable; il fait époque dans l'histoire, c'est l'âge classique. On dit le dix-septième siècle, ou le siècle de Louis XIV, comme on dit le siècle de Périclès, le siècle d'Auguste. Ce qui précède appartient, à proprement parler, à l'histoire de la langue, des origines intellectuelles.
Si l'on procédait à l'étude de la littérature française par division en périodes, on pourrait en faire cinq bien caractérisées:
- 1º La Littérature du Moyen Âge.
- 2º L'Époque de la Renaissance.
- 3º Le XVIIe Siècle, ou Siècle de Louis XIV, Époque classique.
- 4º Le XVIIIe Siècle, quelquefois appelé Siècle de Voltaire, Époque philosophique.
- 5º Le XIXe Siècle, ou Littérature contemporaine, Époque historique et critique.
MOYEN ÂGE.
I.
À l'époque où la France prit rang par sa littérature, la plupart des autres pays avaient déjà la leur.
L'Italie possédait le Dante, l'Espagne Cervantes, l'Angleterre Shakspeare.
La France était restée en arrière. Il y avait eu dans ce pays de plus fréquentes périodes de guerres qu'ailleurs; le travail de fusion entre les éléments qui constituent la nationalité avait demandé du temps, et le latin y avait été tenu en honneur comme langue savante: tout cela retarda l'évolution de l'idiome populaire, et il ne peut y avoir de littérature que le jour où il y a une langue formée et fixée.
Pendant quelque temps il y eut même deux langues en France, l'une au midi, LA LANGUE D'OC,[1] l'autre au nord, LA LANGUE D'OÏL.[2]
La langue d'oc fleurit la première. Au 13e siècle elle possédait une littérature brillante, la littérature provençale. Les troubadours en étaient les gracieux poètes; mais elle ne dura guère, elle périt dans la croisade des Albigeois.