Philaminte propose de parler d'une autre affaire. Henriette va entendre quelque chose qui l'intéresse au plus haut point. Il ne s'agit de rien moins que d'un mari, et ce mari en qui Philaminte a mis son espoir pour donner à sa fille de l'esprit, le désir des sciences, ce mari que son choix lui destine, c'est M. Trissotin. Henriette se récrie, et prie M. Trissotin de rengaîner son ravissement. Un mariage proposé n'est pas un mariage fait.
Quand les deux sœurs sont seules, Armande, raillant, félicite sa sœur qui l'engage de prendre cet illustre époux, puisqu'elle trouve le choix si beau. Ce n'est pas à sa mère seule qu'elle doit obéissance, mais aussi à son père qui vient dans ce moment même lui présenter Clitandre comme époux.]
ACTE QUATRIÈME.
[Armande fait à sa mère son rapport sur la conduite de sa sœur. Philaminte se promet de la ramener à la raison et de frustrer l'amour de Clitandre dont les procédés ne lui ont jamais plu.]
Il sait que, Dieu merci, je me mêle d'écrire,
Et jamais il ne m'a prié de lui rien lire.
[Clitandre entrant doucement, sans être vu, entend Armande dire toute espèce de méchancetés, alors s'adressant à elle,]
Hé! doucement de grâce, un peu de charité,
Madame, ou tout au moins un peu d'honnêteté.
Quel mal vous ai-je fait?
[Elle prétend qu'il a été perfide, infidèle, qu'après lui avoir offert son cœur il est allé le donner à une autre. Elle lui reproche sa conduite comme un crime; mais comme elle y a donné lieu par des procédés incompris, elle est prête à faire amende honorable et à consentir à ce qu'il attend d'elle.
Il n'est plus temps. Henriette a reçu sa foi et il espère que Philaminte reviendra de ses préventions à son égard et de son engouement pour Trissotin.
Trissotin arrive en ce moment, et il s'engage entre les deux rivaux une conversation parsemée de traits piquants à l'adresse des pédants et des faux savants, tels que]