... On risque un peu plus qu'on ne pense,
À vouloir sur son cœur user de violence.
[Le téméraire pourrait avoir à s'en repentir. Trissotin est sans appréhension là-dessus; il trouvera peut-être l'art de se faire aimer. D'ailleurs quels que soient les accidents]
À tous événements le sage est préparé.
[Au moment où il sort Chrysale entre, bien décidé, dit-il à Henriette, à ne pas céder à sa femme].
Et pour la mieux braver voilà, malgré ses dents,
Martine que j'amène et rétablis céans.
[Henriette l'encourage dans ses résolutions et le supplie de ne pas en changer, d'être ferme. Philaminte arrive avec le notaire. Elle est peu agréablement surprise de revoir Martine. Sur la demande de Chrysale on procède au contrat. Mais il y a tout de suite complication, qui empêche de passer outre. Deux époux sont présents, Trissotin et Clitandre, l'un du choix de Philaminte, l'autre de celui de Chrysale. Martine, dont la langue n'est pas rouillée, vient au secours de son maître. Malgré cela la victoire allait rester à Philaminte, Chrysale allait céder, quand arrive Ariste avec deux fâcheuses nouvelles pour Chrysale et Philaminte, perte d'un grand procès, et perte de leurs fonds placés entre les mains de deux individus qui viennent de faire banqueroute.
Philaminte supporte le coup en philosophe.]
Il n'est pour le vrai sage aucun revers funeste,
Et perdant toute chose à soi même il se reste.
[Mais ce coup ébranle fort les velléités matrimoniales de Trissotin. Il demande qu'on ne presse pas cette affaire, et, réflexion faite, il renonce à un cœur qui ne veut pas de lui.
Ce langage ouvre les yeux de Philaminte, qui ne s'oppose plus au mariage d'Henriette avec Clitandre. Mais celle-ci a des scrupules de délicatesse; ses parents viennent de perdre toute leur fortune, sa position n'est plus la même vis-à-vis de Clitandre, et elle aime mieux renoncer à lui que de le mettre de compte à demi dans leurs adversités.]