Et ils attendirent, le nez braqué vers la porte, l'entrée d'Hilarion et du petit salé.
Mais Hilarion ne parut pas.
—Probablement qu'il dispose sur un plat ses morceaux que le charcutier lui a livrés dans un papier, avança Fraimoulu pour expliquer ce retard.
Hilarion aurait eu dix fois le temps d'étaler son petit salé sur un plat quand Fraimoulu reprit étonné:
—Nous l'avons cependant bien entendu rentrer.
—Certes! Il a refermé assez fort la porte qu'il avait demandé, en partant, de laisser entr'ouverte pour nous éviter la peine d'aller lui ouvrir, appuya Gontran.
—Alors, que fait-il dans la cuisine?
—Il met sans doute de côté les morceaux qu'il se destine, supposa le neveu.
—Qu'il ne s'en avise pas!!! fit Fraimoulu sévèrement.
—Peut-être que l'exigeait ainsi de lui le duc Riaco del Punaisiados. Dans la haute aristocratie, ils ont de telles manies qu'ils ont rapportées des croisades! débita Gontran qui s'amusait de l'impatience de son oncle dont les mâchoires se remuaient comme si, déjà, elles trituraient la viande désirée.