—Je me suis laissé entraîner à une partie de baccarat par un camarade rencontré hier soir quand je retournais chez moi. Ce matin, au grand jour, nous avions encore les cartes en main. Nous ne les avons quittées que pour nous asseoir devant un festin qui s'est prolongé jusqu'à midi.
—Et pendant ce temps-là, moi qui vous attendais pour déjeuner, j'ai dû m'attabler devant votre place vide, prononça Ducanif d'un petit ton de reproche.
—Aussi suis-je venu pour réparer ma faute en vous priant de m'inviter à dîner ce soir.
—Est-ce sérieusement dit? s'écria Ducanif joyeux.
—Très sérieusement... Aussitôt que j'aurai visité quelques-uns de mes malades, je vous reviendrai.
—Convenu! convenu! répéta Ducanif.
Et, après une courte pause:
—Dites donc, Gustave, si j'invitais le baron? proposa-t-il.
—Invitez.
—Et ce M. Camuflet avec lequel vous m'avez reconduit hier soir jusqu'à ma porte. Je ne le connais que pour l'avoir rencontré hier à la table de M. Grandvivier, mais il m'a plu tout de suite. Ce doit être un bon vivant.