Ensuite, reprenant son interrogatoire:

—Et vous dites que le Walhofer s'en allait en pestant après le docteur?

—Oui. Il était monté là-haut en voisin, laissant la clé à la porte de son logis. La femme que vous appelez Héloïse fit tant, comme il allait descendre chez lui, qu'elle obtint qu'il rentrât dans l'appartement pour y attendre encore le docteur retardataire... C'est à ce moment même que ma tête fut enveloppée dans un tapis de table et que je fus emporté chez le baron.

Ducanif éclata de rire.

—Et savez-vous par qui? me demanda-t-il. Par le docteur lui-même, je le parierais, qui, pendant qu'Héloïse retenait le baron chez moi, fouillait le logis de Walhofer pour dénicher cette lettre qu'il a perdue. Oui, je le répète, je gagerais une grosse somme que c'est à Gustave que vous avez eu affaire. Campé sur le carré comme vous l'étiez, vous lui coupiez la retraite. Alors il a trouvé un ingénieux moyen de balayer la place pour aller rejoindre le baron.

L'expression de «balayer la place» m'irrita, non pas contre Ducanif, mais contre celui qui m'avait joué la farce.

—Si je rattrape jamais le docteur! m'écriai-je rageusement.

—Il ne tient qu'à vous. Topez là! dit-il en me tendant la main.

—Comment cela?

—En vous unissant à moi contre trois misérables.