—Oui, mais elle tarde trop, ta place aux prunes.
En réponse, elle me montra une grande malle dans un coin de la chambre et me dit en riant:
—Raison de plus, en attendant, pour que le Mont-de-Piété me débarrasse de tout ce qu'il y a là dedans et qui ne me servira plus.
—Que contient cette malle?
—Ma défroque et tous mes bibelots de somnambule. Comme il y a gros à parier que je ne redeviendrai plus jamais Fille du Soleil, battons monnaie avec tous ces oripeaux.
Elle se mit à ouvrir le coffre en continuant:
—Je ne sais plus trop quoi j'ai enfermé dans cette malle. Nous allons en passer la visite.
Bien mesquines étaient les frusques qu'elle voulait offrir au Mont-de-Piété! Deux amples peignoirs sans taille en grosse tarlatane pailletée d'étoiles d'or, quelques jupes courtes de pareille étoffe, des corsages du même genre et trois maillots de soie constituaient la garde-robe de celle qui, alors qu'elle donnait ses séances de seconde vue, s'habillait, suivant sa fantaisie, en druidesse, avec une couronne de chêne sur la tête, ou en sylphide avec des ailes dans le dos.
Et elles étaient encore là, ces ailes et cette couronne de chêne en papier. Ce fut moi qui, en prêtant la main à l'inventaire, les tirai de la caisse, ainsi que d'autres brimborions sans valeur, que Cydalise avait conservés en souvenir du temps passé.
—Tiens! qu'est-ce cela! fis-je en ramenant du fond du coffre un objet plat et d'un carré long, enveloppé dans une feuille de journal.