—A quoi bon y aller deux? J'y suffirai seule. Reste là; fume ta pipe en m'attendant. Je ne serai pas plus de vingt minutes.
Resté seul, je tuai d'abord le temps en lisant le journal, vieux de quinze mois, qui avait enveloppé le sous-main. Je fus interrompu en ma lecture par un coup frappé à la porte.
C'était le concierge de la maison.
—Une lettre pour mademoiselle Cydalise, m'annonça-t-il en me montrant la missive.
—Elle ne tardera pas à revenir.
—Tant de fois elle m'a répété qu'elle attendait une lettre que j'ai cru bien faire en la lui montant au plus vite. Elle aura passé devant la loge pendant que j'étais au premier, chez le propriétaire.
Et il posa la lettre sur la table.
C'était un bavard qui jugea bon de tailler une petite bavette. Jusqu'au retour de Cydalise, c'était une façon pour moi d'abréger l'attente. La conversation s'engagea donc entre nous.
—La chambre doit plaire à monsieur, me dit-il. Bien des gens, qui payent des cinq mille francs de loyer, voudraient avoir une vue pareille... Un jardin délicieux... c'est rare dans Paris.
—Certes! fis-je. Mais la jouissance de ce jardin vaut encore mieux que sa vue.