La voix de Cydalise, qui remontait l'escalier en chantant, m'arracha à mon extase. Je m'éloignai vivement du rideau.
A son premier pas dans la chambre pleine de la fumée de ma pipe, Cydalise courut à la fenêtre qu'elle ouvrit béante en s'écriant:
—Mais tu tournes au jambon! Peut-on s'enfumer ainsi! Tu as des poumons en zinc, toi!
Alors, respirant à pleine aspiration:
—Ouf! fit-elle, c'est bon, l'air pur!
Soudain je l'entendis qui murmurait hargneusement en regardant le jardin:
—Tiens! voilà ma chipie qui s'envole! Ne dirait-on pas que j'ai une tête à camper sur un cerisier pour effaroucher les moineaux?... Eh! va donc! bégueule! On vaut bien autant que toi.
Sans doute que Cydalise n'avait pas conscience que ses paroles avaient dépassé ses lèvres et que j'avais pu entendre le sentiment haineux pour la jeune fille qu'elles trahissaient, car, après avoir refermé la fenêtre, elle revint à moi en disant:
—Le pipelet, à ma rentrée, m'a annoncé qu'il avait monté une lettre pour moi.
—Oui, là, sur la table, dis-je en lui indiquant la lettre.