Certes, c'était bien la belle femme que m'avait vantée Cydalise. Mais son teint pâli, ses yeux remplis d'inquiétude, son visage tiré trahissaient, quand elle entra chez nous, qu'elle était en proie à de secrètes et douloureuses angoisses. Cherchant à se maîtriser, elle affecta de sourire en annonçant à ma maîtresse:
—Enfin je vous l'ai donc trouvée, cette place promise! Ducanif voulait la donner à une autre, mais je lui ai dit: «Minute! je la prends pour une de mes amies,» et le bonhomme s'est incliné.
—Alors pas dans une cassine? demanda Cydalise.
—Dans une bonne, très bonne maison, affirma Héloïse.
Ensuite, se reprenant:
—Seulement, maison un peu triste, je vous en préviens, mais où vous serez comme le poisson dans l'eau... Avant de monter ici, je me suis présentée, de la part de Ducanif, pour vous proposer au bourgeois, qui vous a acceptée les yeux fermés. Il vous attend le plus tôt possible... aujourd'hui même, si faire se peut.
—Qu'en dis-tu, Alfred? demanda Cydalise en se tournant vers moi.
Je n'eus pas le temps de répondre. Elle revint immédiatement à Héloïse.
—Car il faut vous dire, reprit-elle, qu'il me peine fort de quitter ce grand gueux que vous voyez là.
Et, en souriant, elle lâcha cette allusion: