—C'est donc de boire la mer avec ses poissons?... Ou d'aller à quatre pattes à Rome?... Ou de manger par l'oreille?... Ou de vous atteler à un omnibus?... Enfin, que vous demande-t-il de si extraordinaire pour que vous, qui êtes coiffée d'un si rude béguin à son endroit, vous le lui refusiez?

A toutes ces questions, Héloïse était restée muette. Il était évident que nous ne parviendrions pas à lui arracher cette partie de son secret. L'exigence de Gustave concernait sans doute quelque terrible mystère, car Héloïse qui, en ce moment, devait y penser, frissonnait sous nos yeux.

Si, en amour, Cydalise était pour les concessions, elle admettait aussi largement les craques qui appuient le proverbe: «Promettre et tenir sont deux.» Aussi, désespérant d'obtenir un aveu complet, elle avança ce conseil:

—Promettez toujours, ma biche. Une fois le raccommodement fait, vous lui direz: Flûte!

Probablement que, pour le cas en question, Gustave n'était pas homme à être satisfait par le «Flûte!» car Héloïse répondit d'une voix qui tremblait:

—Il ne se contenterait pas d'une simple promesse.

—De quoi? fit Cydalise gouailleuse. Alors qu'exige-t-il donc, votre médecin de carton? Faut-il pas qu'on réunisse les deux Chambres en congrès pour recevoir votre serment? Voyons, dites, que réclame votre Gustave?

—Un engagement par écrit, articula l'amante délaissée en frémissant.

—Eh bien! écrivez, godiche, et, une belle nuit, vous lui chiperez le papier dans une de ses poches, conseilla encore Cydalise.

Héloïse s'était redressée, pantelante d'un effroi immense.