Le lendemain, elle fut la première levée pour préparer sa malle. Elle tenait à faire preuve de zèle en entrant de bon matin chez M. Grandvivier.
—Ne bouge pas d'ici. En allant chez les divers fournisseurs, je profiterai de l'occasion pour monter te rendre visite, m'annonça-t-elle en partant.
Elle fit comme elle l'avait dit. Deux fois je la vis arriver m'apportant des provisions.
—Comment as-tu été reçue? demandai-je.
—Très bien. Dame! je ne te dirai pas que le magistrat a dansé la chahut en me voyant, mais ma physionomie de brune a semblé lui revenir... Il n'est pas d'une gaieté folle, mon bourgeois. On peut lui donner de la glace à garder, il ne la dégèlera pas... A part ça, pas méchant. Je crois que je me plairai dans la boîte... Je n'ai que ma cuisine à faire. Le reste regarde la femme de chambre et le valet de chambre; deux vrais melons, ceux-là!
J'attendais qu'elle me parlât de mademoiselle Grandvivier, mais elle n'en ouvrit pas la bouche.
—T'a-t-on donné une belle chambre? demandai-je à sa seconde visite.
—Je ne sais pas encore où je serai logée. C'est ce soir qu'on me désignera ma chambre.
—Sans doute dans le voisinage de tes maîtres, à portée d'entendre, si la nuit on t'appelle.
Je lui tendais la perche pour qu'elle me parlât de sa jeune maîtresse; mais elle me répondit en riant: