—Je me vengerai!!!
—Quoi que tu dises ou que tu fasses, on t'accusera toujours d'avoir été ma complice, répondis-je.
La nuit qui n'était pas encore dissipée, protégea ma retraite et, après le mur franchi, je regagnai ma mansarde sans encombre.
Toujours sirotant à légers coups de langue son cassis, dont les petits verres s'étaient succédé, la Belle-Flamande avait écouté le récit de son fils avec des hochements de tête approbateurs.
—En somme, Cydalise ne s'est pas vengée? dit-elle.
Le Tombeur-des-Crânes eut un sourire de fatuité grossière:
—Il a été d'elle ce qu'il avait été d'Héloïse pour son Gustave. Après être resté huit jours sans la voir, elle m'est arrivée un beau matin, humble, repentante, me suppliant de renouer.
—Mais, reprit la maman, comment s'était-il fait qu'elle t'avait surpris?
—Je l'avais quittée en lui disant qu'il était trois heures du matin. Or, je venais à peine de sortir de sa chambre, qu'une horloge du voisinage avait tinté deux heures aux oreilles de Cydalise qui ne s'était pas encore rendormie. Croyant à une erreur de ma part, elle avait sauté à bas du lit, avait ouvert la fenêtre avec l'espoir de me rappeler par un signe quand j'allais traverser le jardin. En ne me voyant pas paraître, après une longue attente, elle s'était prise de la peur qu'il me fût arrivé quelque accident et, pour se mettre à ma recherche, elle avait quitté sa chambre.—Alors sur le carré, elle avait vu la porte de mademoiselle Grandvivier que j'avais laissée entr'ouverte pour ménager ma retraite.—Cette porte, elle était certaine de l'avoir soigneusement fermée lorsqu'elle était revenue de porter la potion à la jeune fille. Aussitôt un soupçon l'avait saisie et elle était entrée.
Sans doute que la Belle-Flamande se jugeait suffisamment renseignée sur les visées de son fils et ses moyens de les amener à réussite, car elle résuma la séance en demandant: