—Ma spéculation??? Qu'entendez-vous dire par ce mot?
A quoi le baron, dont la patience semblait être arrivée à son terme, riposta en goguenardant:
—On fait donc encore des manières avec Bibi!... Eh bien? oui, votre spéculation... qui, en somme, est si simple qu'un idiot, après avoir lu le billet d'Héloïse que j'ai en poche, la devinerait depuis A jusqu'à Z.
Puis, brusquement il demanda:
—Voulez-vous que je vous l'explique, votre spéculation sur le Ducanif?
—Comment donc! je vous en prie. Ce que vous allez me dire de cette spéculation m'en donnera peut-être l'idée première. On apprend toujours à écouter un malin de votre sorte, débita ironiquement Gustave.
Au lieu de relever cette moquerie, le baron commença.
—Vous conduisez au doigt et à l'oeil Héloïse qui, affolée par une passion de premier calibre, ne voit et n'entend que par vous; cette toquade insensée qu'Héloïse a pour vous, elle a su l'inspirer à Ducanif qu'elle mène par le bout du nez. En lui tenant la dragée haute... par vos conseils... elle a commencé par pousser l'imbécile à se séparer de sa femme et de sa fille.
Tout en écoutant, Gustave avait l'air de tomber des nues. Il ouvrait des yeux énormes et débitait d'une voix que la surprise faisait chanter:
—Mais c'est tout un roman que vous me contez là... En vérité, vous avez une bien belle imagination!... Mes compliments!