Et voilà qu'au lieu d'avoir à ruser, il trouvait la besogne toute faite par M. Grandvivier qui, loin d'être prévenu à son égard, lui tendait la perche en parlant d'un sosie. Donc le Tombeur-des-Crânes avait bien raison de se dire:
—Ouf! je joue de chance!
M. Grandvivier avait poursuivi son explication:
—Apprenez donc, cher monsieur de Walhofer, que les événements viennent de le faire découvrir. Ma cuisinière a un amant. Or, par le plus prodigieux des hasards, cet amant est précisément l'homme qui vous ressemble de point en point... un bateleur, je crois... assez mauvais drôle, à ce que m'affirme M. Frédéric Bazart, que vous voyez.
Ce disant, le juge avait montré de la main au baron La Godaille faisant toujours l'ébahi, puis il avait continué:
—Entre M. Bazart et ce gibier de potence, il existe un vieux compte à régler. En se trouvant tomber tout à coup et à son insu dans le tête-à-tête des amoureux, M. Bazart a reconnu son homme et il lui aurait fait un mauvais parti si le gredin ne lui avait malheureusement échappé.
Le Tombeur-des-Crânes écoutait, le sourire aux lèvres, avec de petits coups de tête.
—Mais, demanda-t-il, comment, en cette affaire, suis-je arrivé sur le tapis?
—Voilà. Quand M. Bazart est revenu de sa poursuite inutile pour s'excuser de la sorte d'esclandre qu'il avait causé chez moi, il m'a voulu dépeindre son chenapan. Jugez de ma surprise en l'entendant me faire votre portrait exact... J'en riais encore aux larmes quand on vous a annoncé.
Et, repris de rire, le juge ajouta: