—La vie! rends-moi la vie! suppliait-elle d'une voix saccadée par la torture. Oh! si tu savais comme je souffre.

A trois pas de la mourante, car il craignait qu'en son agonie elle ne s'attachât à lui, Gustave, implacable, la regardait se tordre sans la moindre pitié.

—Tu souffres, ma fille? répétait-il avec une ironique compassion. Comme pour Ducanif, ce doit être l'affaire d'une heure... Il t'en reste encore pour dix minutes... Donc, un peu de patience!

Comprenant qu'elle était définitivement perdue, Héloïse adressa cet appel à la compassion de son amant:

—Épargne-moi au moins les dernières souffrances en me fendant la tête d'un coup de cette massue, dit-elle en montrant la pièce de bois, reste de l'ancien chai, dont le docteur, à sa première visite à la masure, s'était servi pour déblayer la pierre du second caveau.

Mais, à cette grâce qui lui était demandée, Gustave répondit de son même ton impitoyable:

—T'assommer, ma fille, c'est-à-dire laisser sur ton cadavre une marque qui, à l'enquête de la justice, démentirait la supposition de suicide?... Oh! que non pas!!!

Et, allant s'appuyer sur la muraille, il regarda, sans plus parler, l'agonie de sa maîtresse qui se tordait sur le sol en d'effroyables convulsions.

Bientôt le corps se raidit sous l'étreinte d'une crise suprême. Ce fut tout. Héloïse était morte!!!

Gustave, alors, s'approcha du cadavre et, prenant la lumière, il se courba pour examiner le cadavre de sa victime.