Le malaise fut tout passager.
Le Tombeur-des-Crânes n'y pensait déjà plus quand, à l'entrée dans Paris, la voiture s'arrêta. Immédiatement le cocher descendit et vint ouvrir la portière en disant:
—Nous voici devant une station de voitures de nuit. Vous pouvez changer de fiacre. Moi, je retourne à Billancourt rejoindre vos camarades.
Et le digne cocher, après avoir vu son voyageur prendre un autre véhicule, repartit plein de la croyance qu'il venait de voiturer un des agents de police.
Dans cet autre fiacre qui le menait rue de Turenne, le Tombeur eut un terrible mouvement de rage quand, ayant eu l'idée d'ouvrir le portefeuille volé sur le cadavre de Gustave, il le trouva gonflé de vieux journaux, comme le lui avait annoncé Ducanif. C'était donc pour un pareil butin qu'il avait joué la partie qu'il venait de perdre et qui menaçait de le mettre sous la griffe de la police, s'il ne prenait pas vivement l'avance.
Heureusement, Cydalise, sur ses vingt mille francs, allait lui fournir les moyens de fuir.
—Il faudra qu'elle me donne dix mille francs, commença-t-il par se dire.
Puis, en pensant qu'elle avait voulu lui échapper:
—Non, quinze, gronda-t-il.
Enfin, l'appétit, suivant le proverbe, lui venant en mangeant: