—Non, monsieur, dit la blonde, sans lever le nez de dessus sa casserole et jouant plus que jamais de sa cuiller de bois.

—Sachez donc que je suis l'oncle de Gontran, votre maître... car vous êtes sa cuisinière, n'est-ce pas?

—Oh! non; cuisinière d'occasion, pour aujourd'hui seulement, répondit la jeune femme qui paraissait peu à peu s'enhardir.

—Oui, je comprends, on vous a prise en extra pour préparer l'orgie que mon neveu offre à ses vauriens et à ses poupées.

Cette fois, la cuisinière leva sur l'oncle ses grands yeux bleus, qu'elle avait fort doux, et répéta:

—Ses poupées!

—J'entends les deux ou trois filles qui viennent faire la partie de la créature dévergondée avec laquelle mon neveu se traîne dans un concubinage sans vergogne.

Fraimoulu, on le voit, ne ménageait pas ses termes. Il les ponctua d'un air sarcastique qu'il fit suivre de ces paroles rageusement débitées:

—Ah! il y a une orgie ce soir à la tour! Je vais y mettre le holà, moi!

Et il s'avançait vers la porte qui conduisait à la salle à manger, quand la jeune femme s'élança au-devant de lui et s'écria vivement: