Et, d'un ton sec de commandement qui n'admettait pas de réplique, le brigadier articula:

—Donc, vous ne bougerez pas. Vous m'attendrez... C'est bien compris, n'est-ce pas?

—Oui, mon Brigadier, fit le douanier qui s'éloigna.

Il n'était pas à plus de vingt mètres que nous étions rejoints par l'invalide Carambol, sortant de l'auberge.

—Voilà le moment de caresser le Tombeur-des-Crânes, nous annonça-t-il.

—Ça ne va pas être long, dit Vernot.

Carambol et moi, nous pénétrâmes dans la grange et vînmes nous asseoir près d'Henriette, au milieu du public. Vernot passa par une autre porte conduisant aux planches, supportées par des tonneaux, qui formaient la scène.

L'oeil insolent, campé sur ses jambes, faisant des effets de torse, frisant de la main ses moustaches, le Tombeur-des-Crânes attendait déjà son adversaire.

Vernot apparut, tranquille, le sourire aux lèvres, les mains dans ses poches.

Bâtons, sabres de bois et tout un faisceau de fleurets mouchetés s'étalaient sur une table vers laquelle se dirigea le brigadier qui, après avoir regardé ces engins de lutte, demanda d'un petit ton moqueur: