—Ah! ah! lâcha Vernot d'un ton qui me parut quelque peu indigné.
Dix secondes après, une nouvelle retraite du brigadier qui répéta:
—J'ai touché!
—Non! redit le Tombeur-des-Crânes d'une voix étranglée par la fureur.
Et il se lança sur son adversaire qui le reçut dans la garde haute.
Un bien bel assaut, je vous le jure! Mais cette nouvelle reprise fut de très courte durée.
Soudain nous entendîmes un bruit sec et nous vîmes le Tombeur-des-Crânes chanceler sous la violence du coup.
C'était Vernot qui venait de lui briser son bâton, sur le haut du masque protégeant le crâne.
—Tiens! mâtin! dit-il; tu ne pourras pas soutenir, cette fois, que je ne t'ai pas touché!
Les airs bravaches du Tombeur-des-Crânes lui avaient, dès le début, aliéné son public. Aussi le triomphant coup de bâton de Vernot, et surtout la phrase dont il l'avait fait suivre, furent-ils accueillis par une tempête de bravos et de bruyants rires qui, en même temps qu'ils consacraient le triomphe du brigadier, étaient une sorte d'insulte pour le vaincu.