—Je l'ai vu comme je te vois.

À cette réponse, Marcassin poussa un sourd rugissement de joie; ses deux poings monstrueux se crispèrent et il articula avec un accent de férocité indicible:

—Je lui règlerai son compte.

—Bast! bast! là où nous devons aller, nous ne le retrouverons plus. Au pays des chouans, le champ nous sera libre, à moi et aux compagnons qui vont me suivre... car, du fond de ma cachette chez Buchard, j'ai reformé une bande avec ceux des miens qui ont échappé à ce Vasseur maudit... Là-bas, nous opérerons à l'aise.

À cet avenir heureux que se promettait le Beau-François, le Marcassin haussa les épaules et répéta encore:

—Mauvais depuis la guerre finie, tous ces pays-là.

Mais le Beau-François n'avait pas le découragement facile.

—N'ayant plus Vasseur aux trousses, on saura encore y trouver à frire, dit-il en riant.

Le Chauffeur chantait si bien d'avance victoire, il voyait tant en beau ces nouvelles contrées qu'il allait exploiter, que le Marcassin, qui avait pourtant le rire solidement attaché, fit entendre une sorte de gargouillarde railleuse. Puis, tout sèchement:

—Nigaud! lâcha-t-il.