Ils arrivaient, sans se douter qu'à leur sortie au point du jour, de la maison des Buchard, ils avaient été signalés par Fichet au lieutenant Vasseur.

Fidèle à sa parole, le Marcassin était venu reprendre François à l'auberge des Buchard, où le chef-Chauffeur avait attendu son retour de cette expédition secrète que le faux chouan avait à pousser plus loin que Chartres.

Vers la fin de la nuit, le Marcassin était arrivé chez les Buchard, donnant l'ordre qu'on éveillât le Chauffeur. Le temps bien juste de faire manger l'avoine à son bidet, et Marcassin voulait se remettre en route.

Pendant qu'on rentrait, sans dételer la bête, la voiture dans la cour pour qu'elle échappât aux yeux de tout curieux que le hasard ferait passer à cette heure nocturne sur la route, le Beau-François avait eu le temps d'être sur pied.

Seulement, lui qui s'attendait à voyager en voiture, avait été surpris quand le Marcassin, en lui montrant deux chevaux attachés derrière la voiture hermétiquement couverte de sa bâche, lui avait dit:

—Nous allons à cheval, compagnon.

Et, sitôt les deux hommes en selle, on avait repris le voyage. La route s'était poursuivie lentement, presque sans parler, car la conversation s'était bornée à un échange de courtes phrases.

—Où arrêtons-nous? avait demandé le Beau-François.

—Là où je suis venu te trouver il y a trois jours... à la Biche-Blanche.

Ce lieu faisait l'affaire du Beau-François; mais, dans le but de sonder les projets du faux chouan, il avait objecté avec surprise: