C'était un long personnage, tellement maigre qu'à cette distance il se dessinait comme une perche sur l'horizon.

—Quel est cet efflanqué? se demanda-t-elle en examinant l'arrivant dont les jambes démesurées arpentaient le chemin avec la vitesse d'un cheval au petit trot.

Une seconde avait suffi à la Saute pour que son rapide coup d'œil eût successivement aperçu Pancrace, le Saucisson-à-Pattes et celui qu'elle traitait d'efflanqué. Il n'y eut donc pas d'intervalle entre sa réponse sur le valet d'écurie et cette nouvelle question du Beau-François.

—Où sont les chambres des deux femmes?

—En haut. Les deux portes en face de l'escalier.

—Celle de la jeune fille?

—À gauche.

—Ces deux chambres, malgré leur entrée séparée, communiquent entre elles, m'as-tu dit?

—Oui, par une porte que la vieille, quand la jeune femme fut entrée dans sa chambre, a refermée devant moi en disant: «Tâchez de reposer un peu, ma bonne Gervaise.»

—Et la voiture qui nous a amenés, le Marcassin et moi? continua François qui, tout en interrogeant, échafaudait son plan de vengeance, car, le regard dans le vide, il ne s'apercevait pas que la Saute lui tournait le dos.