—Ça mord au mieux. Le maître rat se laisse attirer de plus en plus.
C'était la vérité. Le Beau-François s'était avancé d'un pas. Son plan était bien facile à deviner: il allait bondir vers l'aubergiste aussitôt que celui-ci atteindrait la barque. Alors, il l'assommerait sur place et possesseur des avirons qui lui permettraient d'utiliser l'embarcation, il traverserait la Sarthe pour se rendre à la Juliette et connaître la cause de son immobilité.
Comme l'araignée, après avoir paru au bord de son trou, guette la mouche qui va se prendre en sa toile, le Beau-François, sur le seuil de la Saunerie, laissait sa victime arriver.
Il crut enfin le moment favorable.
Pourtant, avant de s'élancer, il interrogea du regard les alentours de l'abri qu'il allait quitter.
Fil-à-Beurre n'eut pas le temps de retirer sa tête qui dépassait l'angle.
À un petit claquement qui se fit entendre, il avança le nez à nouveau.
Le Beau-François venait de fermer la porte et, ayant pris son élan, il courait sur l'aubergiste, se montrant de dos à Barnabé.
—En chasse, le rat décampe! annonça le squelette.
Aussitôt, les quatre compagnons, quittant leur poste, bondirent sur ses traces. Le plus urgent pour eux était d'arriver à temps pour sauver le Saucisson-à-Pattes des mains du géant. Une fois le scélérat pris et garrotté, ils reviendraient alors vers Gervaise.