—Tiens! tiens! fit Barnabé en regardant Vasseur, il paraît qu'il y a de la sympathie entre vous.

Puis, croyant que la recommandation du Beau-François aurait fait Vasseur changer d'avis, il remit le colosse en joue et demanda:

—Faut-il que je le descende?

—Je te le défends! accentua le lieutenant d'un ton sec.

Il achevait quand, au dehors, la voix impérieuse du Beau-François donna cet ordre étrange:

—Quatre gars par rang, mouchoir en main, qu'on m'enlève cette taule à la bombe.

—Ah çà! ils possèdent donc de l'artillerie? Bigre! ils ont un ménage bien monté, ces gaillards! lâcha Fil-à-Beurre avec étonnement.

—Non. Attends et tu sauras ce qu'ils appellent la bombe, annonça Vasseur.

Ce qu'on nommait ainsi, dans l'argot des Chauffeurs, quand il s'agissait d'enfoncer une porte, n'était autre que le vieux moyen du bélier.

Huit, dix ou douze Chauffeurs, suivant le poids à soulever, se rangeaient sur deux rangs se faisant face. Chacun se joignait à son vis-à-vis par un mouchoir, une cravate ou une ceinture, tenue au poing. Sur cette sorte de lien se balançait un tronc d'arbre ou une poutre, quelquefois une longue échelle, bref, ce que le hasard avait fourni de lourd à leur entreprise. On avançait alors un des bouts, pointé sur l'obstacle à démolir. À l'autre extrémité se tenaient deux compagnons chargés de donner le ballant à cette espèce de catapulte.