Fourchu se mit à rire à cette question:

—Oh! oh! fit-il, allez donc reconnaître des gredins qui se sont barbouillés le visage de suie ou qui ont la tête enveloppée d'un morceau de crêpe noir.

Meuzelin revint à la femme morte.

—De sorte que tu ne saurais dire quelle était la femme tuée?

—Non, mais c'est facile à savoir. En lui coupant la tête, les brigands n'ont pas été bien malins. Il n'y a qu'à aller à Angers, au bureau de la diligence, s'informer de la femme montée en voiture cette nuit à quatre heures du soir.

—Oui, objecta Meuzelin, mais rien ne dit que la victime n'était pas l'autre femme, celle qui occupait le coupé avant Angers.

—On n'a qu'à interroger celle des deux qui vit.

—Tu sais donc qui elle est?

—J'ai assez entendu prononcer son nom par ceux qui, cette nuit, à une lieue de l'endroit de l'attaque, l'attendaient au passage pour lui faire escorte à sa descente de voiture... Il paraît que c'est une comtesse de Méralec, qui revenait d'émigration. Elle rentrait à son château de Brivière. Ses gens ont pris les bagages et lui ont fait passer la Loire. Si quelqu'un peut vous donner des renseignements, ce doit être cette comtesse, car elle ne doit pas avoir été sans causer avec l'inconnue pendant la demi-heure qu'elles sont restées en compagnie dans le coupé, entre le départ d'Angers et l'attaque.

—Bon! fit Meuzelin en casant tous ses renseignements dans sa mémoire.