—Et puis, Gervaise? demanda-t-elle.
—C'est tout.
—De sorte, ma chère fille, que tu n'es pas plus renseignée qu'auparavant sur ton amoureux?
Gervaise secoua la tête de façon joyeuse et prononça:
—Oh! que si! Je sais quelle est sa profession.
—Puisqu'il ne t'a rien dit.
—Oui, mais l'autre a dit pour lui.
Et, tout heureuse de sa découverte, la jeune fille continua d'une voix gaie:
—Quand ils sont partis, il faut croire que mon amoureux s'en allait à contre-cœur, car l'autre lui a dit pour le consoler: «Encore un peu de patience, mon cher lieutenant.» Donc mon amoureux est militaire.
Elle finissait quand le fracas des lourdes bottes de cavalier du général retentit à la porte du boudoir. Seulement, Labor, avant d'entrer, se soulageait d'une colère furieuse par d'énergiques jurons. Par malheur, son exaspération ne lui faisait pas bien étouffer ses éclats de voix, car on l'entendait rugir: