Ces cris de reconnaissance une fois calmés, le curieux qui, le premier, avait pris la parole, se mit en devoir d'expliquer au cavalier pourquoi il ne fallait pas entrer au Bon-Repos et quel genre de fête le pays chartrain devait à ce brave Vasseur. Il ouvrait la bouche pour débuter dans son récit, quand, tout à coup, une horloge du voisinage tinta deux coups qui, presque aussitôt, furent suivis d'un lointain roulement de tambours.

Celui qui allait conter tressauta à ce bruit.

—C'est l'heure, s'écria-t-il; pourvu que je puisse être bien placé. Du premier au dernier, je veux tout voir.

Et, sans plus se soucier du cavalier, il prit ses jambes à son cou. Derrière lui, tout le groupe s'élança sur ses traces. Et de droite, de gauche, sortant des maisons, dévalant des faubourgs, débouchant des rues latérales, une foule énorme passa à fond de train, se dirigeant vers le centre de la ville où devait se passer la fête en question.

Était-ce une fête?

Si oui, il faut reconnaître que le principal acteur de cette fête était un bien sinistre personnage... car c'était le bourreau de Chartres qui, sur la place de la ville, avait à guillotiner vingt-trois personnes, dont trois femmes.

Dès que le vide se fut fait autour des trois cavaliers qui se préparaient à entrer au Bon-Repos, celui qui semblait commander passa la bride de sa monture à un de ses hommes en disant:

—Je vais aller les voir faire le saut. Reposez-vous et mangez en m'attendant... Mais nos chevaux avant tout. Double ration d'avoine, car ils auront bientôt une longue course à fournir.

—Bien, mon lieutenant.

—Chut! chut! fit vivement le chef.