Ce dernier, du reste, ne mit pas de mitaines pour entamer de nouvelles relations avec lui, car, tout brutalement, il articula:
—Dans une heure, le Beau-François, je vais t'expédier, sous bonne escorte à Chartres, où t'attend le bourreau à qui manquait ta tête quand il a exécuté tes complices.
Le goût des voyages—et celui-là particulièrement—avait passé au géant. S'il était une ville qu'il ne tenait pas à revoir, c'était Chartres, surtout avec sa grande place ornée de certaine plate-forme qu'on aurait dressée à son intention.
Aussitôt la langue lui démangea.
Lui qui ne voulait pas d'abord souffler mot, comprit la nécessité urgente de déserrer les dents et, ma foi! il les desserra pour laisser passer cette phrase qui ressemblait fort à un marché proposé:
—Si je vous faisais connaître quel est le gueux qu'on cherche et qui se cache sous le sobriquet de Coupe-et-Tranche?
Mais il lui fallut s'avouer qu'il ne s'était pas levé assez matin, en entendant Meuzelin s'écrier:
—Coupe-et-Tranche, le métayer Cardeuc, autrement dit le Marcassin…
C'est bien celui-là que tu nous proposes de nous faire connaître?…
Trop tard, mon garçon. Tu nous offres une souris quand elle est déjà
dans la souricière.
De quoi donc se mêlait ce stupide Saucisson-à-Pattes? Était-ce là chose du ressort d'un aubergiste. Et le Beau-François s'en étonnait quand il entendit le lieutenant reprendre:
—Oui, trop tard, Beau-François, comme vient de te le dire le citoyen
Meuzelin.