À la vue du trouble du lieutenant, une lueur de satisfaction éclaira l'oeil du Beau-François.
—L'animal sait qu'il nous tient et il va nous faire ses conditions. Sacrebleu! il était de bonne prise! Quel malheur d'être forcé de le lâcher, pensa Meuzelin qui avait surpris le regard du colosse.
—Réponds! réponds! répéta fébrilement Vasseur en secouant le
Beau-François qui, maintenant, jugeait utile de garder le silence.
Le brigand n'avait qu'une seule balle à jouer et il tenait à en tirer le meilleur parti possible pour que sa tête lui restât sur les épaules où il la trouvait cent fois mieux placée que dans le panier du bourreau.
Laissant Vasseur s'énerver dans son impatience douloureuse, il haussa les épaules en homme résolu et lâcha:
—Bast! à défaut de moi un autre prendra soin de la jeune fille.
Ensuite, s'adressant à Meuzelin:
—Conduisez-moi à votre peloton de hussards, demanda-t-il.
Et il fit deux pas pour marcher à la fusillade.
—Que ne puis-je te prendre au mot, grand misérable! pensa Meuzelin tout furieux d'avoir à lâcher sa proie pour que le lieutenant retrouvât sa Gervaise.