—Parce que, hier, Meuzelin, m'a remis un ordre que me confirme le second message. Or, si le porteur de ce matin est un faux courrier qui m'a remis un faux message, il s'ensuit, comme il confirme l'ordre d'hier que c'était un faux ordre présenté par un faux Meuzelin.

Et, satisfait au possible de sa déduction, le soldat éclata de son gros rire, en s'écriant:

—Il n'y a pas à sortir de là!

Meuzelin eut l'air de se rendre.

—Oh! alors, fit-il, si les deux ordres se confirment de point en point.

—Non, non, permettez! Je n'ai pas dit de point en point… puisqu'il y a la modification qui vous regarde, c'est-à-dire la prison remplaçant la liberté relative dans le château, et qu'à la fin il est question de la mise à pied de Meuzelin… Mais j'ai voulu dire que le second message complète si bien, en le répétant à peu près, celui d'hier, que tout homme de bon sens qui accepte le premier doit accepter le second… Et je ne crois nullement me flatter en disant que je suis un homme de bon sens; j'ajouterai même du plus rare bon sens.

Après cet éloge qu'il s'octroyait, Labor, en se rengorgeant, quitta son siège.

—Oui, continua-t-il, je tiens le second ordre pour si authentique que, devant vous, je vais me donner le plaisir d'annoncer au Meuzelin sa destitution.

—Le pauvre garçon! fit le policier en ayant l'air de s'apitoyer.

—Ta! ta! gouailla le général, ne plaignez donc pas ce maroufle incapable.