—Tu lui portes un message, insista Cardeuc.
—Je ne sais ce que tu veux dire.
—Fouillez-le, ordonna le chef à ses compagnons.
Toutes les poches furent visitées sans qu'on découvrît la plus petite lettre. Alors le prisonnier fut entièrement dépouillé de ses vêtements qu'on déchira en pièces pour chercher si une doublure ne recelait pas quelque écrit.
Aucun papier ne fut trouvé.
Coupe-et-Tranche eut une idée.
—Qu'on visite la selle du cheval, dit-il.
—C'est ce que le Notaire est en train de faire, annonça Sans-Pouce.
Il finissait quand entra un vieillard grassouillet, à la mine souriante et rose. C'était lui qui répondait à l'étrange sobriquet du Notaire. En somme, ce surnom lui convenait mieux qu'à personne, car cet homme était un ancien notaire, évadé du bagne de Toulon où l'avait envoyé, pour vingt années, le crime d'avoir altéré des actes déposés entre ses mains.
—Je n'ai pas laissé une poignée de crin sans la visiter. Il n'y a pas le plus petit papier dans la selle, annonça le notaire.