Le Marcassin se tourna vers ses bandits.

—Qu'on le flambe! ordonna-t-il.

Pendant qu'un d'eux courait au fournil pour y chercher une brassée de sarments, les autres couchèrent le prisonnier sur le sol, ses pieds nus tournés vers l'âtre de la cheminée.

Les sarments apportés, on alluma le feu.

—Quel est ton message? demanda le Marcassin au moment où la flamme claire commençait à lécher la plante des pieds du malheureux.

À la première morsure du feu, tout le corps du courrier avait été secoué par un frissonnement de souffrance. Mais son énergie eut raison de l'épouvantable torture, et Cardeuc, au lieu de la réponse attendue, l'entendit qui chantait:

Veux-tu, me dit un jour Lubin,
Connaître le plus court chemin,
Pour aller à l'église?

—Ah çà! vous endormez-vous, les gars? C'est un feu de pauvre que vous lui offrez. Encore du bois! cria le Marcassin pris de rage devant l'impassibilité du torturé.

On entendait grésiller la chair qui se fendait sous l'atteinte du feu.

Mais le courrier continua: