—Par Croutot.

Avant que Suzanne pût se faire expliquer le rôle destiné à ce Croutot, le pas du patriarche, qui revenait, se fit entendre. Cardeuc se hâta de dire:

—Le Notaire est une vieille canaille d'excellent conseil.
Consultons-le.

Tout triomphant, le vieillard entra, tenant à la main l'ordre qu'il mit sous les yeux du Marcassin en demandant:

—Dites-moi si ne voilà pas une belle page bien blanche sur laquelle, quand le papier sera sec, on pourra, au-dessus de la signature du ministre que j'ai conservée, écrire ce qu'on voudra?

Cardeuc posa le papier à sécher sur une table, et dit au Notaire en lui montrant Suzanne:

—Écoute ce qu'elle va te conter.

La courtisane fit le récit de tout ce qui s'était passé entre elle et
Meuzelin, qui s'était donné, devant le général, pour le comte de
Méralec.

Et quand Suzanne eut fini, le métayer détailla son idée, d'employer la feuille blanche en faisant écrire par le Notaire un ordre qui, tout en rappelant celui de la veille, ferait mettre le comte de Méralec sous les verrous et destituerait Meuzelin… double moyen d'annuler le policier.

Le vieillard, en approuvant de la tête, avait écouté jusqu'à la fin.